JPEG - 66.4 koUn anévrisme est une dilatation localisée d’une artère. Dans 95 % des cas, il apparaît sur l’aorte descendante. On l’appelle anévrisme de l’aorte abdominale (AAA). S’il devient trop important, il faut opérer pour éviter la rupture, souvent mortelle. Spécialiste des anévrismes aortiques au service de chirurgie cardio-vasculaire du CHU de Liège, le Pr Natzi Sakalihasan (photo ci-contre) les étudie depuis 1984.

L’équipe du Pr Sakalihasan pratique plusieurs centaines de PET-CT par an. « Cette intense activité, raconte-t-il, nous a donné l’occasion de découvrir des cancers non diagnostiqués chez certains des patients suivis pour un AAA. La prévalence de ces cancers était élevée. Nous avons alors décidé de réaliser une étude prospective pour évaluer le taux d’incidence du cancer chez les patients avec AAA et pour rechercher si l’AAA est une pathologie qui pourrait favoriser le développement d’un cancer. » Au terme d’un suivi de dix ans par imagerie PET-CT d’un groupe de patients diagnostiqués AAA mais indemnes de cancer, le taux d’incidence du cancer était de 30,1 % chez les patients AAA.

Le Pr Sakalihasan formule l’hypothèse que l’état inflammatoire chronique et la prédisposition jouent un rôle majeur au cours du développement des deux maladies, l’AAA et le cancer. Sur la base de cette hypothèse, l’équipe de recherche a décidé d’explorer la présence de biomarqueurs communs à l’AAA et au cancer. « A l’avenir, si notre recherche réussit, les patients AAA pourraient être dépistés à l’aide d’un panel de marqueurs solubles pour déterminer un score clinique qui serait prédictif d’un cancer dans le cadre d’un AAA. » Autre perspective intéressante : la connaissance des voies de signalisation impliquées dans le développement d’un cancer permettrait une action de prévention du cancer chez les patients AAA grâce à l’utilisation de médicaments spécifiques ciblant ces nouvelles voies.

Lire l’article en pdf de Jean-Paul Vankeerberghen, journaliste médical.